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Québec invité à adopter « une politique linguistique de deuxième génération »

  • 4 juin
  • 7 min de lecture

La loi 101 ne suffit plus, estime le commissaire à la langue française, Benoît Dubreuil, qui, à l'approche des prochaines élections, exhorte le prochain gouvernement du Québec à adopter une nouvelle stratégie pour renforcer l'usage réel et spontané du français dans les sphères de la vie où il n'est pas obligatoire.

M. Dubreuil a lancé ce cri du cœur mercredi après-midi, en conférence de presse, quelques heures après le dépôt de son rapport annuel 2025-2026 à l'Assemblée nationale.

Comme d'autres pays ou d'autres régions qui font face à des défis similaires, il faut mettre de l'avant une politique linguistique de deuxième génération qui renforce l'usage du français en allant au-delà des outils traditionnels, a-t-il lancé.

Selon lui, il était quelque peu naïf de croire qu'en imposant l'usage d'une langue dans certains espaces publics bien définis, comme l'éducation, l'administration ou les commerces, les gens l'utiliseraient naturellement dans leur vie de tous les jours.

C'était normal de penser ça, a-t-il dit. [Mais] aujourd'hui, ce qu'on voit, c'est que ce type de politique là produit un résultat très précis, [soit] une augmentation du bilinguisme.

[L'approche actuelle] permet d'augmenter le nombre de personnes qui connaissent la langue. [..] Par contre, [elle] ne nous donne pas l'assurance que les gens vont avoir envie de la parler dans toutes les situations où ils ne sont pas obligés de le faire.

Une citation deBenoît Dubreuil, commissaire à la langue française

Une nouvelle approche s'impose donc, selon le commissaire Dubreuil. L'idée d'une politique de deuxième génération, c'est de combler les trous, si on veut, entre les espaces créés par la Charte de langue française, pour créer un continuum, pour que le français devienne véritablement la langue commune, a-t-il résumé, mercredi.

Pour stabiliser la situation du français, il faut que quelques millions de personnes au Québec lui accordent une place un peu plus importante dans leur vie : dans les cours d'école, dans les parcs, autour de la machine à café, dans leur visioconférence, dans leur liste d'écoute et dans leur fil d'actualité en ligne, a illustré le commissaire.

Ce changement, toutefois, exige un changement de paradigme, selon M. Dubreuil. La responsabilité de la langue ne doit plus reposer uniquement sur les épaules de l'Office québécois de la langue française (OQLF) ou du ministère de la Langue française, a-t-il illustré, plaidant en faveur d'une vaste mobilisation.

Créer un programme de prêts pour la francisation à temps complet

Le rapport du commissaire note aussi plusieurs lacunes dans le système de francisation actuel. Les participants, par exemple, sont peu nombreux à atteindre les niveaux intermédiaires associés à l’autonomie langagière, peut-on lire dans le document d'une centaine de pages.

C'est particulièrement le cas des élèves à temps partiel, qui débutent leur parcours sans connaissance préalable du français, souligne M. Dubreuil, soulignant au passage que ce constat était d'autant plus troublant que ce constat correspondait à celui de la majorité des personnes inscrites en francisation.

Pour cette raison, le commissaire propose de créer un système de prêts pouvant atteindre 15 000 $ afin de soutenir les participants aux cours de français à temps plein, qui s'ajouteraient à l'aide financière de 10 000 $ qui leur est déjà offerte.

Un tel programme pourrait ainsi permettre aux personnes inscrites de percevoir une rémunération annuelle de 25 000 $, une somme similaire au revenu obtenu en travaillant pendant 44 semaines au salaire minimum, écrit M. Dubreuil.

Cette somme permettrait à plus de participants de se retirer temporairement du marché du travail en vue d’un apprentissage intensif du français, estime-t-il.

Le commissaire à la langue française conseille en outre au gouvernement du Québec d'élargir l'aide financière aux non-immigrants, c'est-à-dire aux personnes nées au Canada, ce qui n'est pas le cas actuellement.

Un tel changement permettrait de favoriser la francisation des quelque 310 000 Québécois âgés de 15 à 64 ans qui se considèrent comme incapables de soutenir une conversation en français, selon lui.

Ce groupe est largement sous-représenté parmi les participants à la francisation, alors qu’il gagnerait à poursuivre son apprentissage du français, écrit M. Dubreuil.

Moins de 50 % des recommandations du commissaire ont été suivies

On apprend par ailleurs dans le rapport déposé mercredi que seules 14 recommandations sur les 31 formulées par le commissaire ont été appliquées ou ont connu un progrès satisfaisant depuis sa nomination, en février 2023.

Questionné sur le sujet à son arrivée à la rencontre hebdomadaire du Cabinet Fréchette, le ministre Jean-François Roberge a fait valoir que la défense du français nécessitait un travail de longue haleine. On est en train de mettre en œuvre plusieurs des recommandations, a-t-il également assuré.

La publication du rapport annuel du commissaire Dubreuil survient alors que M. Roberge s'apprête à présenter un projet de loi pour élargir la loi 101 à la formation professionnelle et à l'enseignement aux adultes.

La pièce législative, qui est apparue au feuilleton de l'Assemblée nationale mercredi matin, devrait être déposée jeudi.

On ne sait pas encore combien d'élèves seraient touchés. Christine Fréchette, lors de la course à la succession de François Legault, affirmait que 10 000 personnes pourraient devoir changer de réseau, alors que Jean-François Roberge, lors de l'étude des crédits budgétaires, a estimé que ce chiffre pourrait être trois plus élevé. La loi 101 ne suffit plus, estime le commissaire à la langue française, Benoît Dubreuil, qui, à l'approche des prochaines élections, exhorte le prochain gouvernement du Québec à adopter une nouvelle stratégie pour renforcer l'usage réel et spontané du français dans les sphères de la vie où il n'est pas obligatoire.

M. Dubreuil a lancé ce cri du cœur mercredi après-midi, en conférence de presse, quelques heures après le dépôt de son rapport annuel 2025-2026 à l'Assemblée nationale.

Comme d'autres pays ou d'autres régions qui font face à des défis similaires, il faut mettre de l'avant une politique linguistique de deuxième génération qui renforce l'usage du français en allant au-delà des outils traditionnels, a-t-il lancé.

Selon lui, il était quelque peu naïf de croire qu'en imposant l'usage d'une langue dans certains espaces publics bien définis, comme l'éducation, l'administration ou les commerces, les gens l'utiliseraient naturellement dans leur vie de tous les jours.

C'était normal de penser ça, a-t-il dit. [Mais] aujourd'hui, ce qu'on voit, c'est que ce type de politique là produit un résultat très précis, [soit] une augmentation du bilinguisme.

[L'approche actuelle] permet d'augmenter le nombre de personnes qui connaissent la langue. [..] Par contre, [elle] ne nous donne pas l'assurance que les gens vont avoir envie de la parler dans toutes les situations où ils ne sont pas obligés de le faire.

Une citation deBenoît Dubreuil, commissaire à la langue française

Une nouvelle approche s'impose donc, selon le commissaire Dubreuil. L'idée d'une politique de deuxième génération, c'est de combler les trous, si on veut, entre les espaces créés par la Charte de langue française, pour créer un continuum, pour que le français devienne véritablement la langue commune, a-t-il résumé, mercredi.

Pour stabiliser la situation du français, il faut que quelques millions de personnes au Québec lui accordent une place un peu plus importante dans leur vie : dans les cours d'école, dans les parcs, autour de la machine à café, dans leur visioconférence, dans leur liste d'écoute et dans leur fil d'actualité en ligne, a illustré le commissaire.

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Ce changement, toutefois, exige un changement de paradigme, selon M. Dubreuil. La responsabilité de la langue ne doit plus reposer uniquement sur les épaules de l'Office québécois de la langue française (OQLF) ou du ministère de la Langue française, a-t-il illustré, plaidant en faveur d'une vaste mobilisation.

Créer un programme de prêts pour la francisation à temps complet

Le rapport du commissaire note aussi plusieurs lacunes dans le système de francisation actuel. Les participants, par exemple, sont peu nombreux à atteindre les niveaux intermédiaires associés à l’autonomie langagière, peut-on lire dans le document d'une centaine de pages.

C'est particulièrement le cas des élèves à temps partiel, qui débutent leur parcours sans connaissance préalable du français, souligne M. Dubreuil, soulignant au passage que ce constat était d'autant plus troublant que ce constat correspondait à celui de la majorité des personnes inscrites en francisation.

Pour cette raison, le commissaire propose de créer un système de prêts pouvant atteindre 15 000 $ afin de soutenir les participants aux cours de français à temps plein, qui s'ajouteraient à l'aide financière de 10 000 $ qui leur est déjà offerte.

Un tel programme pourrait ainsi permettre aux personnes inscrites de percevoir une rémunération annuelle de 25 000 $, une somme similaire au revenu obtenu en travaillant pendant 44 semaines au salaire minimum, écrit M. Dubreuil.

Cette somme permettrait à plus de participants de se retirer temporairement du marché du travail en vue d’un apprentissage intensif du français, estime-t-il.

Le commissaire à la langue française conseille en outre au gouvernement du Québec d'élargir l'aide financière aux non-immigrants, c'est-à-dire aux personnes nées au Canada, ce qui n'est pas le cas actuellement.

Un tel changement permettrait de favoriser la francisation des quelque 310 000 Québécois âgés de 15 à 64 ans qui se considèrent comme incapables de soutenir une conversation en français, selon lui.

Ce groupe est largement sous-représenté parmi les participants à la francisation, alors qu’il gagnerait à poursuivre son apprentissage du français, écrit M. Dubreuil.

Moins de 50 % des recommandations du commissaire ont été suivies

On apprend par ailleurs dans le rapport déposé mercredi que seules 14 recommandations sur les 31 formulées par le commissaire ont été appliquées ou ont connu un progrès satisfaisant depuis sa nomination, en février 2023.

Questionné sur le sujet à son arrivée à la rencontre hebdomadaire du Cabinet Fréchette, le ministre Jean-François Roberge a fait valoir que la défense du français nécessitait un travail de longue haleine. On est en train de mettre en œuvre plusieurs des recommandations, a-t-il également assuré.


La pièce législative, qui est apparue au feuilleton de l'Assemblée nationale mercredi matin, devrait être déposée jeudi.

On ne sait pas encore combien d'élèves seraient touchés. Christine Fréchette, lors de la course à la succession de François Legault, affirmait que 10 000 personnes pourraient devoir changer de réseau, alors que Jean-François Roberge, lors de l'étude des crédits budgétaires, a estimé que ce chiffre pourrait être trois plus élevé.

 
 
 

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