Cinq ans après la mort de Wilhem Houssin, le souvenir d’un drame qui a bouleversé Rennes reste intact
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Une agression mortelle en pleine journée
Cinq ans après la mort de Wilhem Houssin, le souvenir de cette agression d’une violence extrême reste profondément ancré dans la mémoire de ses proches et de nombreux habitants de la métropole rennaise. Le 21 juillet 2021, cet artiste et père de famille de 49 ans avait été violemment agressé à Saint-Jacques-de-la-Lande, près de Rennes. Trois jours plus tard, le 24 juillet, il succombait à ses blessures à l’hôpital.
Ce jour-là, Wilhem Houssin se trouvait dans la commune avec une amie, dans le cadre de la visite d’un appartement. Selon les éléments rapportés lors de l’enquête et des procès, il aurait simplement demandé son chemin à un groupe de jeunes. La rencontre avait rapidement dégénéré en une scène de violences qui allait lui être fatale. Les secours l’avaient transporté au CHU de Pontchaillou dans un état grave. L’autopsie avait ensuite établi la présence de lésions traumatiques à la face, au tronc et aux membres inférieurs, ainsi que de plusieurs fractures, notamment à la tête. La cause du décès était liée aux blessures crâniennes.
Le drame avait suscité une vive émotion à Saint-Jacques-de-la-Lande et dans les environs de Rennes. Plusieurs centaines de personnes avaient participé à une marche en hommage à Wilhem Houssin quelques jours après sa mort. Dans les témoignages recueillis à l’époque, ses proches décrivaient un homme profondément attaché à sa famille, à la musique et à la nature, et dont la disparition brutale avait laissé un immense vide.

Une famille confrontée à une violence difficile à comprendre
Au fil des années, l’affaire a également été marquée par les témoignages particulièrement douloureux livrés par la famille de la victime. Lors du premier procès, à l’automne 2024, le père de Wilhem avait choisi de prendre la parole sans céder à la haine. Il avait tenté de raconter la personnalité de son fils avant de revenir sur la violence de l’agression.
« Ils jouaient au foot avec la tête de mon fils. Ils criaient : pénalty ! », avait-il déclaré, dans un témoignage rapporté notamment par CNews et d’autres médias ayant suivi le procès.
Cette phrase avait profondément marqué les débats. Elle résumait, aux yeux de la famille, l’extrême brutalité des faits et l’incompréhension face à la mort d’un homme qui, selon ses proches, n’avait rien fait pour provoquer une telle violence. Le père de Wilhem avait également déclaré venir « sans haine », insistant davantage sur la personnalité de son fils et sur la douleur provoquée par sa disparition que sur un désir de vengeance.
Les enfants de Wilhem avaient eux aussi témoigné devant la cour. L’un d’eux, âgé de 12 ans au moment des faits, avait résumé la perte avec des mots particulièrement poignants : « J’ai tout perdu. J’ai perdu son amour, son humour, sa force. Mais surtout, j’ai perdu mon papa ».
Derrière le dossier judiciaire, ces témoignages ont rappelé qu’au-delà des qualifications pénales et des années de réclusion, la disparition de Wilhem Houssin avait avant tout bouleversé une famille qui devait continuer à vivre avec une absence définitive.
Cinq accusés devant la justice
L’enquête avait rapidement conduit à la mise en cause de cinq jeunes hommes. Au terme du premier procès, qui s’était tenu devant la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine en octobre 2024, les cinq accusés avaient été reconnus coupables, mais les qualifications et les peines avaient différé selon leur degré de responsabilité retenu par la cour.
Bachir Ben Chouika, âgé de 24 ans au moment du premier procès, avait été condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour meurtre, avec une période de sûreté des deux tiers ainsi qu’une interdiction définitive du territoire français. Un autre accusé, mineur au moment des faits, avait été condamné à 12 ans de réclusion criminelle et reconnu coupable de meurtre.
Les trois autres accusés avaient été reconnus coupables de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, en réunion. Deux d’entre eux avaient été condamnés à 14 ans de réclusion et le troisième à 10 ans. Au total, les peines prononcées en première instance allaient donc de 10 à 20 ans de prison.
Le procès avait également permis de revenir sur les circonstances précises de l’agression et sur la question de la responsabilité individuelle de chacun. Les débats avaient notamment mis en lumière des versions différentes des faits et le rôle attribué aux différents accusés.
Le procès en appel a changé les qualifications
L’affaire ne s’est toutefois pas arrêtée au verdict d’octobre 2024. Plusieurs accusés ont fait appel de leur condamnation, entraînant la tenue d’un nouveau procès devant la cour d’assises d’appel du Morbihan, à Vannes, en novembre 2025. Adile Tabbal, qui avait initialement fait appel, a finalement renoncé à cette procédure. Quatre accusés ont donc été rejugés.
Cette seconde procédure a abouti à une modification importante de la qualification retenue pour les principaux faits. La cour a requalifié le meurtre en « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner » pour les accusés concernés. Cette requalification a entraîné une réduction de certaines peines.
Bachir Ben Chouika, condamné à 20 ans en première instance, a finalement écopé de 17 ans de réclusion criminelle. Son interdiction définitive du territoire français a été maintenue. Le jeune homme qui était mineur au moment des faits a vu sa peine passer de 12 à huit ans, la cour ayant retenu l’excuse de minorité.
En revanche, les peines prononcées contre Alan Ribal et Bilel Azzouz sont restées identiques à celles décidées en première instance, soit 14 ans de réclusion criminelle chacun. Les décisions rendues en appel étaient donc moins sévères pour certains accusés, mais ne constituaient pas une remise en cause de la responsabilité pénale des personnes condamnées.
Des réquisitions plus lourdes en appel
Le verdict de novembre 2025 s’est également distingué des réquisitions du ministère public. Lors du procès en appel, le parquet avait demandé des peines plus lourdes, notamment 30 ans de réclusion pour Bachir Ben Chouika et 20 ans pour l’accusé qui était mineur au moment des faits, ou 15 ans si l’excuse de minorité était retenue. Quinze ans avaient également été requis pour Alan Ribal et Bilel Azzouz.
La cour n’a donc pas suivi ces réquisitions et a retenu une qualification pénale moins sévère pour les quatre accusés rejugés. Le principal accusé a ainsi vu sa condamnation ramenée de 20 à 17 ans, tandis que le plus jeune a bénéficié d’une réduction plus importante, de 12 à huit ans.
Cette décision judiciaire a constitué le dernier grand chapitre de l’affaire sur le plan des procès connus à ce jour. Elle n’efface cependant ni la violence des faits ni les conséquences humaines du drame pour la famille de Wilhem.
Le portrait d’un artiste et d’un père de famille
Au-delà de l’affaire criminelle, les témoignages recueillis après la mort de Wilhem Houssin avaient dressé le portrait d’un homme très éloigné de l’image froide d’un simple dossier judiciaire.
Artiste et musicien, il était connu dans le milieu culturel rennais. Ses proches évoquaient notamment sa passion pour la musique et la guitare, mais aussi son attachement à sa famille et aux activités liées à la nature et aux éléments. Des amis le décrivaient comme quelqu’un de chaleureux, généreux et profondément humain.
Son père avait notamment résumé cette personnalité avec une formule qui avait marqué les hommages rendus après sa mort : le principal « défaut » de son fils aurait été sa générosité. Des proches évoquaient également un homme qui avait le sourire facile, qui aimait plaisanter et qui était très présent auprès de sa famille et de son entourage.
Wilhem Houssin laissait notamment derrière lui ses enfants, ainsi qu’une famille et un cercle d’amis nombreux. Sa disparition avait donné lieu à plusieurs témoignages publics et à une marche en hommage à l’homme qu’ils avaient connu, plutôt qu’à la seule victime d’un fait divers.
Cinq ans après, une absence qui demeure
Cinq années se sont écoulées depuis cette journée de juillet 2021. Entre-temps, deux procès ont eu lieu, plusieurs condamnations ont été prononcées et certaines ont été réduites en appel. La justice a apporté ses réponses dans le cadre des procédures pénales, mais aucune décision judiciaire ne peut réparer la perte vécue par les proches.
Le souvenir de Wilhem Houssin reste particulièrement associé à Saint-Jacques-de-la-Lande, mais aussi à Rennes et à tous ceux qui l’avaient connu. Son histoire continue de rappeler la fragilité de la vie et les conséquences irréversibles qu’une explosion de violence peut avoir sur une famille entière.
L’affaire avait commencé par une rencontre apparemment banale, lorsqu’un homme cherchait simplement son chemin. Elle s’était achevée par la mort d’un père de famille de 49 ans, quelques jours après avoir été agressé.
Cinq ans plus tard, les peines prononcées ont évolué, les qualifications judiciaires ont été discutées et les procès se sont succédé. Pour la famille de Wilhem, pourtant, l’essentiel ne change pas : un père, un proche et un artiste manque toujours à l’appel.
Son père l’avait dit au procès : « Il me manque terriblement ». Cette absence, elle, ne connaît ni appel ni prescription du souvenir.




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