Projet de loi contre le racisme et l'antisémitisme : le RN affiche ses réserves, Jean-Philippe Tanguy critique la stratégie du gouvernement
- 13 juil.
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Le Rassemblement national reste prudent face au texte d'Aurore Bergé
Le débat autour du futur projet de loi contre le racisme et l'antisémitisme s'annonce déjà tendu. Invité ce dimanche sur CNews et Europe 1, le député du Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy a exprimé de sérieuses réserves concernant le texte porté par la ministre chargée de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé. Sans dévoiler la position définitive de son groupe parlementaire, il a vivement critiqué l'approche choisie par le gouvernement.

Une opposition de principe aux peines d'inéligibilité
Parmi les dispositions les plus marquantes du projet de loi figure l'instauration de peines d'inéligibilité pour les personnes reconnues coupables de négation de crimes contre l'humanité, de génocides ou encore de faits particulièrement graves de racisme ou d'antisémitisme.
Jean-Philippe Tanguy a indiqué être, par principe, opposé à ce type de sanction.
« Je suis contre les peines d'inéligibilité, même s'il peut y avoir des exceptions, par exemple l'indignité nationale », a déclaré le député de la Somme, proche de Marine Le Pen.
Le texte, présenté le 9 juillet par Aurore Bergé, doit entamer son parcours parlementaire à partir du mois d'octobre.
Le RN ne dévoile pas encore sa stratégie
Interrogé sur le vote du Rassemblement national, Jean-Philippe Tanguy s'est gardé de toute annonce.
Le groupe RN, fort de 122 députés à l'Assemblée nationale, n'a pas encore arrêté officiellement sa position. Le député a préféré concentrer ses critiques sur la philosophie générale du projet de loi plutôt que sur son éventuel vote.

« Une surenchère judiciaire » pour masquer un échec
Selon l'élu, le gouvernement privilégierait une réponse législative plutôt qu'une action efficace sur le terrain.
Il accuse Aurore Bergé de s'inscrire dans « une surenchère judiciaire » et « une surenchère législative » destinée, selon lui, à masquer « un échec total » dans la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et les violences qui en découlent.
Pour Jean-Philippe Tanguy, multiplier les textes ne suffira pas à enrayer ces phénomènes si les causes profondes ne sont pas traitées.
Le député dénonce vingt ans d'échecs
Le responsable du RN estime que les gouvernements successifs portent une lourde responsabilité dans la dégradation de la situation.
Il évoque notamment les difficultés rencontrées par certaines familles juives, affirmant que des enfants seraient contraints de quitter l'école publique en raison de l'antisémitisme.
Selon lui, les autorités auraient également échoué à enrayer le retour d'une homophobie violente, tout en minimisant parfois certaines agressions au nom de la politique du « pas de vagues ».

Un texte qui promet des débats animés
Le projet de loi sera examiné par le Parlement à l'automne et devrait donner lieu à d'importants échanges entre la majorité et les oppositions.
Au-delà des nouvelles sanctions envisagées, le texte relance le débat sur l'équilibre entre la fermeté judiciaire, la protection des valeurs républicaines et l'efficacité réelle des politiques publiques contre les discriminations.




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