Mobilisations lycéennes à Marseille : le procureur s’étonne de la violence et du profil des interpellés
Nicolas Bessone fait le point sur les suites judiciaires des manifestations et souligne le profil inhabituel des jeunes interpellés
Après une nouvelle journée de mobilisation lycéenne et étudiante, mardi 6 octobre, le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, a dressé un premier bilan des événements sur le plateau d’ICI Provence-Alpes TV. Si la manifestation marseillaise s’est globalement déroulée dans le calme, cinq personnes ont été interpellées au cours de la journée, un chiffre que le magistrat juge relativement faible au regard du nombre de participants.
À Marseille, la préfecture a comptabilisé environ 4 800 manifestants, contre 30 000 selon la CGT. Depuis le début de la contestation lycéenne, le 28 septembre, 121 personnes ont été placées en garde à vue dans la cité phocéenne. Une centaine d’entre elles ont ensuite été déférées devant le parquet, selon les chiffres communiqués par Nicolas Bessone.

Une majorité de mineurs sans antécédents judiciaires
Le procureur insiste surtout sur le profil des personnes interpellées. Dans leur grande majorité, il s’agit de mineurs, scolarisés et inconnus des services de police. L’âge médian des personnes arrêtées est de 16 ans et beaucoup ont été interpellées à proximité de leur établissement scolaire.
Pour Nicolas Bessone, cette situation constitue un phénomène inhabituel. Des personnes sans antécédents judiciaires peuvent évidemment être interpellées, mais rarement dans de telles proportions. Le magistrat dit surtout s’interroger sur le contraste entre l’absence de passé judiciaire de ces jeunes et la gravité de certains faits commis pendant les mobilisations.
« Je n’ai pas, à ce stade, d’explications face à un tel déchaînement de violence », a-t-il déclaré sur le plateau d’ICI Provence-Alpes TV.
Incendies, menaces et agressions
Parmi les faits évoqués figurent notamment l’incendie d’un camion de pompiers et celui d’un bus de la RTM. Le procureur mentionne également des menaces visant des enseignants et des chefs d’établissement, ainsi que l’agression d’une passante avec un spray inflammable, affaire dans laquelle un mineur de 15 ans a été interpellé.
Ces événements ont conduit la justice marseillaise à traiter plusieurs dossiers impliquant des adolescents qui, pour la plupart, n’étaient jusque-là pas connus des services de police. Le procureur souligne ainsi la difficulté à expliquer comment certains participants à la mobilisation ont pu en venir à des actes d’une telle gravité.
Au niveau national, le chiffre de 5 060 personnes placées en garde à vue depuis le début du mouvement, dont 87 % de mineurs, a également suscité des réactions. À Marseille, Nicolas Bessone réfute toutefois l’idée d’interpellations massives ou indiscriminées.

Le parquet défend le ciblage des interpellations
Le procureur affirme au contraire que les opérations menées par les forces de l’ordre ont principalement ciblé les auteurs présumés de dégradations ou de violences. Selon lui, plus de 80 % des interpellations effectuées à Marseille ont donné lieu à des suites judiciaires.
Nicolas Bessone salue ainsi le travail des policiers et estime que ces chiffres démontrent que les interpellations n’ont pas été réalisées au hasard. Alors que la mobilisation lycéenne se poursuit et que de nouveaux rassemblements sont annoncés, le parquet marseillais reste donc particulièrement attentif aux incidents susceptibles de survenir en marge des manifestations.
Le contraste entre une mobilisation portée en grande partie par des lycéens sans antécédents et les violences commises par certains participants demeure, pour le procureur, l’une des principales interrogations des derniers jours.




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