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Bally Bagayoko, le maire de Saint-Denis qui s’impose au cœur des manifestations lycéennes

il y a 15 heures
3 min de lecture

Très présent auprès des lycéens mobilisés depuis la fin septembre, Bally Bagayoko attire désormais l’attention des médias internationaux. Si certains saluent son soutien aux manifestants, ses opposants l’accusent de chercher la provocation et de mettre en scène son engagement politique.

Une présence remarquée sur le terrain

À 53 ans, Bally Bagayoko, maire La France insoumise (LFI) de Saint-Denis, s’est imposé comme l’une des figures politiques les plus visibles du mouvement de protestation lycéen. Depuis la fin septembre, l’élu multiplie les apparitions auprès des jeunes mobilisés, au point d’attirer l’attention de médias étrangers et de susciter de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux.

Le 28 septembre, il se trouvait à proximité du lycée Paul-Éluard, dans sa commune, lorsqu’un feu de poubelle a été allumé devant l’établissement. Une vidéo le montrant penché au-dessus du début d’incendie a rapidement circulé. Certaines publications, notamment relayées par Europe 1, ont présenté ces images comme un signe de sa participation aux dégradations. Le maire a contesté cette interprétation et diffusé des images destinées à montrer qu’il tentait au contraire de limiter le feu.

Quelques jours plus tard, une autre séquence le montre intervenant entre des jeunes cagoulés et les forces de l’ordre, les bras tendus, en criant : « Arrêtez ! Reculez ! Arrêtez de pousser ! » Le 8 octobre, lors d’un rassemblement organisé place de la Bastille à Paris, il a été accueilli par les acclamations de plusieurs manifestants. Les images de sa présence ont ensuite largement circulé en ligne.

CNN et TMZ relaient les images du maire

Cette visibilité dépasse désormais les frontières françaises. Le 7 octobre, la chaîne américaine CNN a consacré une vidéo à Bally Bagayoko, dans laquelle il revient sur son intervention face aux forces de l’ordre. Le lendemain, le média Pop Base et le tabloïd américain TMZ ont également relayé des photographies de l’élu auprès des jeunes mobilisés.

TMZ a notamment présenté le maire comme un responsable politique se tenant aux côtés des étudiants qui réclament de meilleures conditions d’apprentissage. La publication était accompagnée d’un émoji cœur, illustrant le ton favorable adopté par le média américain. Les images ont également circulé à l’étranger, jusqu’en Russie, où Kirill Dmitriev, conseiller influent du président russe, a comparé Bally Bagayoko au « Robespierre de la Révolution française 2.0 ».

Le joueur de NBA Victor Wembanyama a, lui aussi, échangé publiquement avec le maire après que ce dernier l’a félicité pour son soutien au mouvement lycéen. Autant de relais qui contribuent à faire de l’élu insoumis un visage identifiable de la mobilisation.

En France, une présence qui suscite la controverse

Cette reconnaissance médiatique contraste avec les critiques dont Bally Bagayoko fait l’objet en France, particulièrement à droite et à l’extrême droite. Ses opposants lui reprochent d’utiliser sa fonction de maire pour s’afficher aux côtés des manifestants et dénoncent une attitude qu’ils jugent provocatrice.

Le 30 septembre, le préfet de police de Paris a saisi la justice pour des faits présumés de « provocation à commettre un délit ». Cette démarche fait suite à une déclaration de l’élu sur BFMTV, dans laquelle il avait estimé que « la violence, à un moment donné, peut être légitime ». Il avait toutefois immédiatement nuancé ses propos en ajoutant qu’il était préférable d’éviter la violence chaque fois que cela était possible.

Bally Bagayoko défend sa présence auprès des lycéens. Le 1er octobre, sur franceinfo, il affirmait que « c’est la place d’un élu », rappelant que les lycéens font partie de la population dont il a la responsabilité. Selon lui, la présence d’un représentant de la République peut contribuer à prévenir les tensions, dans un contexte marqué par des accusations de violences policières et par l’ouverture d’une dizaine d’enquêtes sur des faits présumés.

Un engagement politique aussi stratégique

Le maire critique également la réponse du gouvernement aux revendications des jeunes. Au lendemain de l’intervention de Sébastien Lecornu, il a dénoncé ce qu’il considère comme une absence de propositions concrètes, malgré les déclarations du Premier ministre.

Le mouvement lycéen, parti notamment de la banlieue parisienne, met au premier plan les inégalités entre établissements, qu’elles concernent les moyens matériels ou les perspectives offertes aux élèves sur Parcoursup. Bally Bagayoko s’appuie sur ces revendications pour défendre son engagement et dénoncer les écarts de dotation entre les établissements de Paris et ceux de Seine-Saint-Denis.

Depuis le 28 septembre, il publie régulièrement des messages consacrés à la mobilisation sur ses réseaux sociaux. Il relaie des arguments sur les inégalités scolaires, critique l’usage de la force par les autorités et diffuse des images tournées par ses équipes au plus près des manifestants.

Cette communication contribue à renforcer sa visibilité et celle de LFI, dont plusieurs élus sont présents sur le terrain. Mais elle alimente aussi les accusations de mise en scène politique. Entre soutien revendiqué aux lycéens, exposition médiatique internationale et controverses nationales, Bally Bagayoko occupe désormais une place centrale dans le récit politique autour de cette mobilisation.

 
 
 

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