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Lycéen amputé d’une main à Lens : sa famille conteste la version du parquet sur l’explosion d’une grenade policière

il y a 15 heures
3 min de lecture

L’adolescent de 15 ans nie avoir ramassé l’engin. Ses proches dénoncent une présentation des faits qu’ils jugent prématurée, alors que l’enquête se poursuit.

L’affaire suscite de vives interrogations à Lens, dans le Pas-de-Calais. Evan, un lycéen de 15 ans, a été grièvement blessé à la main par l’explosion d’une grenade policière en marge d’une manifestation lycéenne. Il a dû être amputé. Alors que le parquet de Béthune a présenté les premiers éléments de l’enquête, sa famille conteste formellement la version selon laquelle l’adolescent aurait ramassé la grenade avant son explosion.

Dans un communiqué publié vendredi 9 octobre, les proches du jeune homme ont rappelé qu’il était avant tout la victime de l’incident. Par l’intermédiaire de leur avocate, Me Christine Bouquet-Wattez, ils réfutent l’idée qu’Evan se serait saisi de l’engin et nient toute participation de sa part à des violences.

La famille remet en cause les premiers éléments de l’enquête

La famille s’étonne que la version avancée par les forces de l’ordre ait été relayée par le parquet alors que, selon son communiqué, Evan n’a pas encore été entendu par les enquêteurs. Ses proches soulignent également qu’aucune image directe des faits n’est disponible et que les témoignages recueillis présenteraient des divergences.

« Il dément avoir ramassé la grenade qui a explosé et nie toute participation à des violences », précise l’avocate dans le communiqué.

La famille estime ainsi que les circonstances exactes de l’explosion restent à établir. Elle critique également une communication qui, selon elle, risque de faire porter à l’adolescent la responsabilité de ses propres blessures avant que l’ensemble des éléments ait pu être examiné.

Le parquet affirme que le lycéen aurait saisi la grenade

Dans un communiqué distinct publié le même jour, le procureur de la République de Béthune a présenté une version différente des faits, fondée sur les premiers témoignages recueillis au cours de l’enquête.

Selon le parquet, la grenade a été lancée par un fonctionnaire de police appartenant à une compagnie républicaine de sécurité (CRS). Le procureur précise que le policier a agi sur ordre de sa hiérarchie et que le tir a été effectué conformément au mode opératoire préconisé dans la documentation de formation.

Le parquet indique également que, selon les témoignages recueillis auprès des forces de l’ordre et d’autres personnes présentes, à l’exception d’un témoin, la grenade aurait été tirée à longue distance, estimée à environ 80 mètres. Elle aurait ensuite atteint le sol avant que plusieurs manifestants ne s’en approchent. L’un d’eux l’aurait alors saisie et l’aurait gardée en main jusqu’à l’explosion.

C’est précisément cette dernière affirmation que la famille d’Evan conteste. Les deux versions devront être confrontées aux éléments recueillis par les enquêteurs afin de déterminer le déroulement exact de l’incident.

La famille dénonce une « défaillance grave de l’État »

Au-delà de la contestation de la version des faits, les proches d’Evan mettent en cause la responsabilité des autorités dans la protection des mineurs lors des opérations de maintien de l’ordre.

« Aucune opération de maintien de l’ordre ne saurait justifier qu’un adolescent perde une main », affirme leur avocate. Le communiqué dénonce ce que la famille considère comme une « défaillance grave de l’État dans son obligation de protection des mineurs ».

Cette prise de position intervient dans un contexte de critiques concernant l’usage de moyens de maintien de l’ordre lors des manifestations lycéennes. L’affaire de Lens avait déjà relancé les interrogations sur les risques encourus par les jeunes présents dans les cortèges, notamment après d’autres signalements de blessures.

L’adolescent sera entendu lorsque son état le permettra

La mère d’Evan a déposé plainte, selon les informations communiquées par BFMTV. Le lycéen doit être entendu par les enquêteurs dès que son état médical le permettra.

Son audition pourrait contribuer à éclaircir les circonstances de l’explosion, mais elle ne constituera qu’un élément parmi ceux que les enquêteurs devront examiner, notamment les témoignages et les éventuelles preuves matérielles.

À ce stade, les versions de la famille et du parquet divergent sur un point essentiel : Evan a-t-il ramassé la grenade avant qu’elle explose ? Les éléments disponibles ne permettent pas de trancher définitivement cette question. L’enquête devra établir les faits et préciser les circonstances dans lesquelles l’adolescent a perdu sa main.

 
 
 

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