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Lycées : le principal syndicat des chefs d’établissement refuse pour l’instant le « temps de démocratie »

il y a 4 jours
3 min de lecture

Le SNPDEN-Unsa estime que l’annonce de Sébastien Lecornu a été faite trop rapidement, alors que les établissements restent sous tension

Le « temps de démocratie interne » annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu dans les lycées ne sera pas organisé dans l’immédiat par le principal syndicat des chefs d’établissement. Nicolas Bonnet, secrétaire national du SNPDEN-Unsa et proviseur du lycée Henri-Brulle à Libourne, estime que les conditions ne sont actuellement pas réunies pour mettre en place cette demi-journée de discussion.

Invité mercredi matin sur franceinfo, il a expliqué que son établissement n'organiserait pas cette initiative « aujourd'hui, pas demain, pas après-demain », tant que les conditions de sécurité et de sérénité ne seraient pas réunies. Selon lui, un débat de cette ampleur ne peut pas être improvisé en quelques heures.

« Il faut du temps pour organiser un débat, on ne va pas faire ça en 24 heures », a-t-il estimé. Le responsable syndical dénonce notamment une annonce faite sans concertation avec les personnels de l'Éducation nationale, alors que les enseignants sont déjà très sollicités par la situation actuelle.

Des personnels « fatigués »

Pour Nicolas Bonnet, l'annonce gouvernementale intervient dans un contexte particulièrement tendu. « Les professeurs sont fatigués », affirme-t-il, estimant qu'ils auront des difficultés à mettre en œuvre une mesure annoncée rapidement et sans préparation.

Le secrétaire national du SNPDEN-Unsa regrette également que les chefs d'établissement n'aient pas été suffisamment associés à la décision. « Personne n'a été averti », déplore-t-il, rappelant que le fonctionnement de l'Éducation nationale repose notamment sur la concertation entre les différents acteurs.

Cette réaction intervient alors que la mobilisation des lycéens s'est poursuivie mercredi, au lendemain d'une journée de manifestations qui a fortement mobilisé dans plusieurs villes. Le gouvernement espère désormais favoriser le dialogue et permettre un retour progressif à la normale dans les établissements.

Les promesses sur les enseignants absents attendues

Parallèlement au « temps de démocratie », le ministre de l'Éducation nationale a promis une réponse sous huit jours aux établissements rencontrant des difficultés pour remplacer les professeurs absents.

Une annonce accueillie avec prudence par Nicolas Bonnet. « On aimerait y croire », reconnaît-il, tout en rappelant que les établissements réclamaient déjà davantage de moyens avant la rentrée scolaire.

Le responsable du SNPDEN-Unsa estime que la sortie de crise ne pourra pas passer uniquement par des réunions ou des temps de concertation. Selon lui, l'exécutif doit prendre des mesures concrètes afin de garantir qu'un enseignant puisse être présent devant chaque classe après les vacances de la Toussaint.

Il affirme également que certains contractuels n'ont pas été reconduits depuis la rentrée alors qu'ils pourraient, selon lui, être affectés devant des élèves.

Le Snes-FSU dénonce une « immense cacophonie »

La mesure gouvernementale suscite également des réserves du côté des enseignants. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, juge le « temps de démocratie interne » trop tardif et déconnecté de la réalité des établissements.

Elle reconnaît l'importance de la démocratie lycéenne, mais estime que l'annonce du Premier ministre a surtout ajouté de la confusion parmi les personnels. « Les premiers retours qu'on a depuis ce matin, c'est d'abord la traduction de cette immense cacophonie », a-t-elle déclaré mercredi.

Selon elle, certains établissements ont reçu plusieurs consignes différentes depuis l'annonce faite mardi soir. « On a des lycées où vous avez eu trois messages différents », déplore-t-elle.

Alors que le gouvernement souhaite utiliser cette demi-journée pour ouvrir un espace de dialogue avec les élèves, les organisations représentatives demandent donc davantage de préparation et surtout des réponses concrètes aux difficultés qui ont alimenté la mobilisation. La question reste désormais de savoir dans quelles conditions ce dialogue pourra effectivement être organisé dans les établissements.

 
 
 

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