Les proches de Mélanie, la surveillante poignardée à Nogent, pleurent une “femme aimante d’une gentillesse incroyable”
- 3 juin
- 4 min de lecture
Son large sourire s'affichait sur une banderole en tête de cortège ainsi que sur des t-shirts. La ville de Nogent a honoré la mémoire de Mélanie, 31 ans, ce vendredi 13 juin avec une marche blanche qui a rassemblé 1.500 personnes selon les gendarmes. Les proches de l'assistante d'éducation avaient donné rendez-vous devant le collège Françoise-Dolto où elle a perdu la vie mardi, tuée par un élève de 14 ans qui souhaitait tuer une surveillante, "n'importe laquelle". "Ça nous a beaucoup touchés quand on a vu ça à la télévision. Dans un petit village comme ici, on s’est dit : 'C’est pas possible'", témoigne sur LCI une femme venue avec son mari "pour soutenir la famille" de la défunte.

Des tenues colorées pour "symboliser sa joie de vivre"
"Cette marche est la nôtre" et elle est organisée "dans les conditions les plus proches de ce que Mélanie aurait voulu", avait souligné sa belle-fille Océane Remongin sur Facebook. Sur ce même réseau social, la mairie de ce bourg de 3.500 habitants habituellement "très calme" avait demandé aux participants de porter des vêtements colorés pour "symboliser la joie de vivre" de la jeune femme. Elle avait aussi appelé à s'abstenir de toute marque d'appartenance ou revendication politique.
Ancienne coiffeuse, Mélanie s'était reconvertie comme assistante d'éducation et travaillait dans ce collège depuis septembre pour pouvoir passer plus de temps avec son fils de quatre ans."Elle était là au mauvais endroit au mauvais moment. Et en plus (le mis en cause) n'a pas de remords. Il va aller en prison et il va ressortir", lâche une trentaine à l'AFP, un bouquet de fleurs blanches à la main. Le suspect de 14 ans a été mis en examen, notamment pour "meurtre sur une personne chargée d'une mission de service public", et placé en détention provisoire dans le quartier pour mineurs d'une maison d'arrêt. En tant que mineur, il encourt une peine de 20 ans de réclusion criminelle.
L'ultime adieu à Mélanie sera fera mardi dans la plus stricte intimité familiale à Sarcey, en Haute-Marne, où elle était conseillère municipale. Son beau-fils a fait savoir que la famille ne souhaitait la présence d'aucun média. Une cagnotte en ligne lancée par ses proches a récolté plus de 20.000 euros vendredi après-midi.\Mélanie, surveillante de collège âgée de 31 ans, a été mortellement poignardée mardi 10 juin par un élève de 14 ans à Nogent, en Haute-Marne, lors d’un contrôle des sacs. Ce geste d’une violence inouïe a provoqué une onde de choc et relance les interrogations sur la sécurité dans les établissements scolaires. Entre incompréhension, colère et immense douleur, les proches de la victime témoignent sur RMC.
Mélanie, une surveillante de 31 ans, est décédée mardi 10 juin peu après avoir été poignardée par un élève de 14 ans lors d'un contrôle des sacs devant le collège Françoise-Dolto de Nogent, dans la Haute-Marne, suscitant une émotion immense dans les sphères éducatives et politiques.
Fabrice, l’oncle de la jeune femme poignardée, témoigne au micro de RMC. Ce dernier, sous le choc, ne comprends pas comment un tel drame a pu arriver. “C’est honteux ce qu’il s’est passé… Elle était heureuse de vivre, elle avait un enfant, un copain, ils formaient une belle famille”, dit-il, en larmes.

“Ma nièce, elle était d’une gentillesse incroyable. Elle aimait ce qu’elle faisait. C’était quelqu’un de sérieux, qui savait rigoler, elle aimait tout le monde, elle ne faisait pas d'histoire…”, poursuit Fabrice.
Pour lui, des questions demeurent: “comment on a pu laisser rentrer un gosse avec un couteau dans le sac alors qu’il y avait des fouilles? Je ne comprends pas!”. Il révèle que son autre nièce était présente au moment du drame et a pu serrer la victime dans ses bras. “La pauvre, elle va avoir cette image traumatisante dans la tête toute sa vie”.
“Quelque chose aurait pu être fait pour empêcher tout cela”
Evan, le beau-fils de la victime, a également témoigné au micro de RMC. “Dès que j’ai appris la nouvelle, je suis allé au collège directement. Je me sens monstrueusement mal, j’ai perdu un membre de ma famille. Ce n’est pas facile, mais il faut tenir pour Timeo, mon petit-frère (et donc le fils de la victime, ndlr)”. Il décrit Mélanie, la surveillante poignardée, comme une “maman aimante et une compagne incroyable”.
Evan, le fils du compagnon de Mélanie, explique par ailleurs avoir rencontré la ministre de l’Education nationale, Elisabeth Borne, ce mardi, avec qui il a discuté des portiques de détection d’armes. Pour rappel, François Bayrou a souhaité aujourd’hui que le gouvernement travaille à "l'expérimentation" de portiques de détection d'armes à l'entrée des établissements scolaires.
Mais pour lui, ce n’est pas une solution viable. “Comment est-ce qu’on justifie qu’un enfant arrive avec un couteau d’une taille conséquente au collège pour poignarder une surveillante avec qui il n’a jamais eu de problème?”, questionne-t-il.

“Si le problème avait été réglé avant, peut-être que ma belle-mère serait encore en vie et que mon petit frère aurait encore une mère.”
Selon lui, le jeune collégien de 14 ans aurait prévenu un de ses “amis” qu’il allait “poignarder quelqu’un avant la fin de l’année”. “Quelque chose aurait pu être fait pour empêcher tout cela”, conclut-il.




Commentaires