Les deux tableaux de Renoir volés à Cagnes-sur-Mer ont été retrouvés après plusieurs interpellations
Un mois après le cambriolage, les deux œuvres ont été récupérées
Les deux tableaux d’Auguste Renoir dérobés au Musée Renoir de Cagnes-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes, ont été retrouvés. L’annonce a été faite vendredi 9 octobre par le maire de la ville, Bryan Masson, confirmant des informations diffusées par BFM-TV. Cette découverte intervient après plusieurs interpellations dans le cadre de l’enquête sur ce cambriolage qui avait suscité une vive émotion et relancé les interrogations sur la sécurité des musées français.
Les deux œuvres concernées sont Madame Colonna Romano, réalisée vers 1913, et Jeune femme au puits, peinte en 1886. À ce stade, les autorités n’ont pas précisé où les tableaux ont été découverts ni dans quel état ils se trouvent. Le parquet de Marseille, chargé de l’enquête après le dessaisissement du parquet de Grasse, ainsi que la police judiciaire, n’avaient pas communiqué davantage de détails vendredi après-midi.
Dans un communiqué, Bryan Masson a exprimé son soulagement. Il a rappelé que ces œuvres ne représentaient pas seulement une valeur artistique, mais appartenaient également à l’histoire et au patrimoine de Cagnes-sur-Mer, où Renoir a passé les dernières années de sa vie.

Un cambriolage mené en quelques minutes
Le vol s’était produit le 8 septembre, peu avant 6 heures du matin, dans le musée municipal installé dans la villa où le peintre impressionniste a vécu jusqu’à sa mort, en 1919. Selon les premiers éléments rapportés par le maire, les auteurs étaient particulièrement bien équipés et semblaient connaître les lieux.
Pour pénétrer dans la propriété, ils auraient d’abord découpé une ouverture dans le grillage entourant le parc, avant de briser une vitre pour entrer dans le bâtiment. Ils auraient ensuite scié les attaches de quatre tableaux à l’aide d’une scie électrique. Deux œuvres ont été emportées, tandis que les deux autres ont été abandonnées dans le jardin.
L’intervention rapide d’une patrouille de la police municipale, alertée par le système de sécurité, aurait contraint les cambrioleurs à quitter précipitamment les lieux. Le cambriolage s’était déroulé en quelques minutes seulement.
Six personnes interpellées dans plusieurs départements
Jeudi, plusieurs médias ont fait état d’une opération coordonnée ayant conduit à l’interpellation de six personnes, parmi lesquelles figureraient les deux individus soupçonnés d’avoir pénétré dans le musée. Les arrestations auraient eu lieu dans les Alpes-Maritimes, le Var, l’Hérault et le Doubs. Une source proche de l’enquête avait confirmé à l’Agence France-Presse cinq interpellations.
Les responsabilités précises des personnes interpellées et les circonstances dans lesquelles les tableaux ont été retrouvés n’ont toutefois pas été détaillées publiquement. À ce stade, les éléments disponibles ne permettent donc pas de préciser le rôle attribué à chacun dans cette affaire.
Le cambriolage avait porté sur quatre tableaux, pour lesquels la municipalité avait évoqué un préjudice total de neuf millions d’euros. Cette estimation concernait l’ensemble des œuvres visées, et non uniquement les deux tableaux emportés. La mairie n’a pas communiqué d’évaluation distincte pour les pièces retrouvées.

La sécurité des musées de nouveau en question
Les deux autres tableaux visés lors de l’effraction, Madame Stephen Pichon, datant de 1895, et Coco lisant, réalisé en 1905 et représentant le fils du peintre, avaient été abandonnés dans le jardin de la villa.
Cette affaire a ravivé le débat sur la protection des collections publiques, alors que plusieurs musées français ont été confrontés à des intrusions et à des vols ces derniers mois. En juillet, le ministère de la Culture avait présenté un plan de 33 mesures visant notamment à renforcer la sécurisation des œuvres, avec la possibilité de retirer temporairement certaines pièces lorsque leurs conditions d’exposition ne garantissent pas une protection suffisante.
La récupération des deux tableaux de Renoir constitue une issue favorable pour le musée et la ville de Cagnes-sur-Mer. Des questions demeurent néanmoins sur les circonstances exactes du vol, le déroulement des interpellations et les éventuelles failles de sécurité qui ont permis aux auteurs de pénétrer dans le bâtiment.




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