Le président du Mucem, Pierre-Olivier Costa, suspendu de ses fonctions dans le cadre d’une enquête pour harcèlement sexuel et moral
- 1 juil.
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Pierre-Olivier Costa, président du Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (Mucem) à Marseille, a été suspendu de ses fonctions alors qu'il fait l'objet d'une enquête portant sur des accusations de harcèlement sexuel et de harcèlement moral.
L'annonce a été faite par le ministère de la Culture le 30 juin. À compter du 1er juillet, Pierre-Olivier Costa quitte temporairement la présidence du Mucem, à sa demande et à titre conservatoire, dans l'attente des suites de la procédure.

Cette suspension intervient trois ans et demi après sa nomination à la tête du Mucem, l'un des musées les plus emblématiques de Marseille et une institution culturelle majeure en France.
Pierre-Olivier Costa est également une personnalité connue du monde politique français. Avant de prendre la direction du musée, il occupait le poste de directeur de cabinet de Brigitte Macron, épouse du président Emmanuel Macron. Cette proximité avec le couple présidentiel donne une dimension politique supplémentaire à cette affaire.
Selon les informations disponibles, le parquet de Marseille a ouvert une enquête en mars à la suite d'un signalement pour harcèlement sexuel. Parallèlement, l'Inspection générale des affaires culturelles (IGAC) a lancé une mission d'inspection au sein du Mucem afin d'évaluer le climat de travail et les difficultés rencontrées par les agents.
Cette mission ne s'est pas limitée à une plainte isolée. Elle visait également à examiner le malaise grandissant au sein de l'établissement ainsi que l'ensemble des dysfonctionnements susceptibles d'affecter son fonctionnement.
D'après une source syndicale, le rapport de l'IGAC a été remis au ministère de la Culture au début du mois de juin. Dans une lettre adressée à la ministre le 24 juin, les représentants du personnel décrivent un climat de travail « délétère ».
Ils dénoncent de nombreux dysfonctionnements ainsi que des comportements jugés inacceptables qu'ils attribuent à la direction du musée.
Ces tensions ne sont pas nouvelles. Dès 2023, soit environ un an après l'arrivée de Pierre-Olivier Costa, une partie du personnel avait déjà remis en cause son mode de management.
Plusieurs salariés estimaient que la nouvelle direction fragilisait le projet scientifique et culturel du Mucem. Or, le musée ne se limite pas à accueillir des visiteurs : il constitue également un centre de recherche et de valorisation des civilisations européennes et méditerranéennes.
L'entourage du directeur avait lui aussi été critiqué. Certains collaborateurs et prestataires extérieurs, notamment des conseillers juridiques recrutés par la direction, étaient accusés d'entretenir un style de management qualifié de « toxique » par plusieurs employés.
Face à ces tensions, plusieurs appels à la grève avaient été lancés en décembre 2023 puis en juin 2024. À l'époque, Pierre-Olivier Costa expliquait avoir hérité d'un « bateau un peu à la dérive », laissant entendre que les difficultés existaient déjà avant son arrivée.
Les inquiétudes ont ensuite dépassé le cadre syndical. En septembre 2024, la médecine du travail avait alerté le ministère de la Culture sur la souffrance au travail ressentie par une partie des agents du musée.

Le passé politique de Pierre-Olivier Costa renforce encore l'attention portée à cette affaire. Il avait participé à la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron en 2017 avant d'intégrer le cercle rapproché du chef de l'État.
Après l'élection présidentielle, il avait été nommé directeur de cabinet de Brigitte Macron, une fonction inédite à l'époque auprès de la Première dame.
Lorsqu'il a quitté l'Élysée pour prendre la direction du Mucem en novembre 2022, sa nomination avait déjà suscité de nombreuses réactions. Malgré les premières controverses, son mandat de trois ans a été renouvelé en novembre 2025 par décret du président Emmanuel Macron.
Dans son communiqué, le ministère de la Culture précise que cette suspension provisoire de quatre mois a pour objectif de rétablir un climat de confiance et de renouer le dialogue social au sein de l'institution.
Pendant cette période, Anne-Marie Le Guével, inspectrice générale des affaires culturelles, assurera la direction par intérim du musée à compter du 1er juillet.
La ministre de la Culture, Catherine Pégard, est attendue à Marseille afin de rencontrer les représentants syndicaux et les équipes du Mucem, dans le but d'apaiser les tensions et d'accompagner l'institution durant cette période délicate.
À ce stade, l'enquête est toujours en cours et aucune décision de justice définitive n'a été rendue concernant Pierre-Olivier Costa. Sa suspension constitue une mesure conservatoire et ne préjuge pas de l'issue de la procédure.
Au-delà du cas personnel de son président, cette affaire relance le débat sur la gouvernance des grandes institutions culturelles françaises, les conditions de travail dans le secteur public, ainsi que les exigences de transparence et de responsabilité envers les agents et le public.




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