France : le revenu médian progresse à 2.228 euros par mois, mais la pauvreté atteint son plus haut niveau depuis 30 ans
- 10 juil.
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Les Français ont globalement retrouvé un peu de pouvoir d'achat en 2024 grâce au ralentissement de l'inflation. Pourtant, derrière cette amélioration apparente, les inégalités continuent de se creuser et la pauvreté touche un nombre record de personnes. C'est le constat dressé par la dernière étude publiée par l'Insee.
Un pouvoir d'achat en hausse grâce au recul de l'inflation

Après deux années marquées par une inflation particulièrement élevée, la situation s'est nettement améliorée en 2024. Les prix à la consommation n'ont progressé que de 2 %, contre 4,9 % en 2023 et 5,2 % en 2022.
Cette accalmie a permis une hausse du niveau de vie des ménages.
Le revenu médian atteint désormais 2.228 euros par mois pour une personne seule, soit une progression de 1,8 % en euros constants. Pour un couple avec un enfant de moins de 14 ans, le niveau de vie médian s'établit à 4.011 euros mensuels.
Autrement dit, la moitié des Français dispose de revenus supérieurs à 2.228 euros par mois, tandis que l'autre moitié gagne moins.
Les ménages modestes retrouvent un peu d'oxygène
Les foyers les plus modestes sont parmi les premiers bénéficiaires de cette amélioration.
Les salaires réels ont progressé, notamment pour les ouvriers et les employés, dans un contexte de marché du travail toujours favorable. En 2024, le taux d'emploi des 15-64 ans a atteint son niveau le plus élevé depuis 1975, tandis que le chômage est resté stable à 7,4 %.
Parallèlement, plusieurs prestations sociales ont été revalorisées :
le RSA ;
la prime d'activité ;
les allocations logement ;
l'Allocation aux adultes handicapés (AAH) ;
les allocations familiales.
Les pensions de retraite de base ont également été augmentées de 5,3 % au 1er janvier 2024, une revalorisation supérieure à l'inflation.

Une pauvreté toujours plus préoccupante
Malgré cette amélioration globale, la situation sociale reste particulièrement préoccupante.
Le taux de pauvreté demeure fixé à 15,4 % de la population, son niveau le plus élevé observé depuis près de trente ans.
Près de 9,8 millions de personnes vivent aujourd'hui sous le seuil de pauvreté, fixé à 1.337 euros par mois pour une personne seule.
Cette stabilité du taux de pauvreté montre que les gains de pouvoir d'achat n'ont pas bénéficié de manière égale à l'ensemble de la population.
Les inégalités continuent de se creuser
L'Insee souligne également que plusieurs indicateurs d'inégalités atteignent des niveaux records.
Les 20 % des Français les plus aisés concentrent désormais 38,8 % des revenus, soit 4,6 fois plus que les 20 % les plus modestes, qui ne perçoivent que 8,4 % des revenus totaux.
L'indice de Gini, qui mesure les écarts de revenus, atteint lui aussi son niveau le plus élevé depuis le début des séries statistiques en 1996.
Les chômeurs restent les plus exposés
Les demandeurs d'emploi demeurent la catégorie la plus touchée par la pauvreté.
Plus d'un tiers d'entre eux (36,1 %) vivent sous le seuil de pauvreté.
Si leur niveau de vie médian progresse légèrement, les chômeurs les plus précaires voient, eux, leurs ressources continuer de diminuer.
Des inquiétudes pour les années à venir
Ces chiffres portent uniquement sur l'année 2024 et ne tiennent pas compte des décisions budgétaires plus récentes.
Depuis, les débats autour de la maîtrise des finances publiques se sont intensifiés. Les gouvernements successifs ont envisagé plusieurs mesures de réduction des dépenses sociales, tandis que la revalorisation des retraites a été limitée à 0,9 % au début de 2026.
Avec le retour des tensions inflationnistes lié au contexte international et les prochaines discussions budgétaires, plusieurs économistes estiment que les ménages les plus fragiles pourraient de nouveau être confrontés à une dégradation de leur pouvoir d'achat dans les mois à venir.




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