Emmanuel Macron rend hommage à Alfred Dreyfus et appelle à renforcer la lutte contre l'antisémitisme
- 13 juil.
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Une cérémonie historique, 120 ans après la réhabilitation d'Alfred Dreyfus
Cent vingt ans jour pour jour après la réhabilitation d'Alfred Dreyfus par la Cour de cassation, Emmanuel Macron a présidé, ce dimanche à Paris, la première Journée nationale de commémoration de la reconnaissance de l'innocence du capitaine. À cette occasion, le chef de l'État a profité de cette cérémonie hautement symbolique pour lancer un nouvel appel à la vigilance face à la résurgence de l'antisémitisme en France.

« La vigilance est un devoir de tous les instants »
Devant la Cour de cassation, sur l'île de la Cité, Emmanuel Macron a établi un parallèle entre l'affaire Dreyfus et les défis contemporains.
« Face à ce retour de l'odieux antisémitisme, la vigilance est un devoir de tous les instants », a déclaré le président de la République.
Dans un contexte marqué par la recrudescence des actes antisémites, le chef de l'État a rappelé que le combat contre la haine demeure une responsabilité collective et permanente.
Un hommage également rendu aux Justes de France
Au-delà de la mémoire d'Alfred Dreyfus, Emmanuel Macron a souhaité mettre en lumière celles et ceux qui ont sauvé des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale.
Le président a appelé à ce que les noms des Justes soient désormais apposés sur les maisons, immeubles ou lieux où des Juifs ont été cachés et protégés pendant l'Occupation.
Il a invité l'ensemble des municipalités françaises à participer à cette démarche mémorielle afin de transmettre cet héritage aux générations futures.
Deux pages de l'histoire de l'antisémitisme réunies dans un même discours

Dans son intervention, Emmanuel Macron a volontairement rapproché deux périodes marquantes de l'histoire de France.
D'un côté, l'affaire Dreyfus, qui vit un officier juif être condamné à tort pour haute trahison à la fin du XIXe siècle sur la base de faux documents, avant d'être innocenté après plusieurs années de combat judiciaire et politique.
De l'autre, la Shoah, durant laquelle des milliers de Juifs furent pourchassés, tandis que les Justes risquaient leur vie pour les sauver.
Le président a souligné que ces deux épisodes rappellent les conséquences dramatiques que peut engendrer la haine lorsqu'elle s'installe dans une société.
Le petit-fils d'Alfred Dreyfus alerte à son tour
Présent lors de la cérémonie, Charles Dreyfus, âgé de 99 ans et petit-fils du capitaine, a lui aussi pris la parole.
Avec émotion, il a fait part de sa « tristesse » face au retour de l'antisémitisme en France, estimant que les leçons de l'histoire doivent continuer à être transmises pour éviter que de tels drames ne se reproduisent.
Une statue installée devant la Cour de cassation
La cérémonie a également été marquée par l'inauguration officielle d'une statue représentant Alfred Dreyfus.
L'œuvre montre le capitaine lors de sa dégradation militaire du 5 janvier 1895, le sabre brisé mais toujours au garde-à-vous, symbole de sa dignité malgré l'injustice qu'il subit.
Initialement destinée à être installée dans la cour de l'École militaire en 1985, la statue avait longtemps fait l'objet de réticences, notamment au sein de l'armée et sous la présidence de François Mitterrand. Elle trouve désormais sa place devant la Cour de cassation, institution qui avait finalement reconnu l'innocence du capitaine en 1906.
Un message tourné vers l'avenir
À travers cette commémoration, Emmanuel Macron a souhaité faire de l'affaire Dreyfus un rappel permanent de l'importance de l'État de droit, de la justice et de la lutte contre toutes les formes de discrimination.
Le président a insisté sur la nécessité de préserver la mémoire collective afin que les erreurs du passé ne puissent jamais se reproduire.




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