« Bouilloires thermiques » : le projet du gouvernement sur les logements provoque une vive polémique en pleine canicule
- 9 juil.
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Une réforme examinée alors que la France suffoque
Alors que la France connaît un nouvel épisode de canicule après plusieurs semaines de températures exceptionnellement élevées, le projet de loi sur le logement du gouvernement suscite une importante controverse. Examiné au Sénat les 7 et 8 juillet avant une arrivée à l'Assemblée nationale en septembre, le texte prévoit notamment d'assouplir les règles concernant la location des logements les plus énergivores.
Pour plusieurs associations de défense du droit au logement et de la transition écologique, cette réforme intervient au pire moment, alors que les épisodes de chaleur extrême mettent en évidence les difficultés rencontrées par des millions de Français vivant dans des logements mal isolés.

Les logements classés F et G pourraient continuer à être loués
La principale mesure contestée concerne les logements classés F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE), souvent qualifiés de « passoires thermiques ».
Le gouvernement propose d'autoriser leur location, à condition que le propriétaire signe un engagement de rénovation. Les travaux devraient être réalisés dans un délai maximal de trois ans pour une maison individuelle et de cinq ans pour une copropriété, avec un contrat signé auprès d'une entreprise et le versement d'un acompte.
Selon le ministère du Logement, cette disposition permettrait d'éviter une diminution de l'offre locative tout en garantissant la rénovation progressive d'environ 700 000 logements.
Les associations dénoncent un recul
Cette réforme est vivement critiquée par plusieurs organisations, dont le collectif Droit au logement (DAL), le réseau Cler ou encore le collectif Logement pour toutes.
Pour leurs représentants, le texte risque surtout de repousser encore les rénovations des logements les plus exposés aux fortes chaleurs. Ils estiment que les locataires, en particulier les ménages modestes, continueront à vivre plusieurs années dans des logements difficiles à supporter pendant l'été.
Des militants ont d'ailleurs installé un campement à proximité du Sénat durant les débats afin d'alerter les parlementaires sur les conséquences du projet.
Le gouvernement défend une solution pragmatique
Le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, présente au contraire cette réforme comme un compromis.
Selon lui, l'objectif est d'éviter que plusieurs centaines de milliers de logements disparaissent du marché locatif dans un contexte de pénurie, tout en obligeant progressivement les propriétaires à engager des travaux.
Le gouvernement estime que cette approche constitue un équilibre entre les impératifs climatiques, les besoins en logements et les capacités financières des propriétaires.
Les critiques dépassent la seule question des rénovations
Les associations reprochent également à l'exécutif de ne pas aller assez loin pour protéger les habitants contre les fortes chaleurs.
Elles regrettent notamment l'absence d'un droit garanti pour les locataires à disposer de volets, de stores ou de brasseurs d'air, des équipements considérés comme particulièrement efficaces pour limiter les températures à l'intérieur des logements.

Parallèlement, elles dénoncent le recentrage annoncé de MaPrimeRénov', qui pourrait réduire les aides accordées à certains travaux réalisés de manière isolée, notamment ceux concernant la ventilation.
Des mesures adoptées malgré tout
Au cours de l'examen du texte, plusieurs amendements ont toutefois été adoptés.
Les sénateurs ont notamment facilité l'installation de volets ou de stores dans les copropriétés en simplifiant les règles de vote. Ils ont également intégré la notion de « confort d'été » dans les critères de rénovation énergétique, reconnaissant officiellement l'importance de la protection contre les fortes chaleurs.
Ces avancées sont jugées positives par plusieurs observateurs, mais insuffisantes par les associations mobilisées.
Une mobilisation qui prend de l'ampleur
Face à cette situation, plusieurs organisations appellent désormais à renforcer la mobilisation.
Une pétition intitulée « Pas de volets, pas de loyer » a déjà recueilli plusieurs dizaines de milliers de signatures. Certaines associations évoquent même la possibilité d'une grève des loyers pour les logements considérés comme inhabitables durant les épisodes de canicule.
Parallèlement, des députés ont déposé une proposition de loi visant à suspendre temporairement le paiement des loyers lorsque les logements ne protègent pas suffisamment leurs occupants contre les fortes chaleurs.
L'adaptation des logements devient un enjeu majeur
Au-delà de la polémique politique, le débat illustre un défi de plus en plus central : adapter le parc immobilier français aux conséquences du changement climatique.
Alors que les épisodes de canicule deviennent plus fréquents et plus intenses, la question ne porte plus uniquement sur les économies d'énergie en hiver, mais également sur la capacité des logements à rester habitables en été. Les discussions parlementaires prévues à la rentrée devraient donc être particulièrement suivies, tant par les propriétaires que par les millions de locataires concernés.




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