Bordeaux : six chiens vivaient dans un appartement de 30 m² insalubre, 17 chiots sont morts — un couple condamné pour maltraitance animale
- 3 juin
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Une grave affaire de maltraitance animale à Bordeaux suscite l’indignation, après la découverte de six chiens vivant dans des conditions extrêmement dégradées, à l’intérieur d’un appartement d’environ 30 m².
Le 21 mai 2026, un couple a été reconnu coupable d’abandon d’animaux, après avoir laissé plusieurs chiens vivre dans un environnement insalubre, sans soins suffisants, avec des signes visibles d’épuisement physique et psychologique.

Les faits avaient été découverts le 18 février 2026, lorsque les forces de l’ordre sont intervenues dans l’appartement du couple à Bordeaux, après plusieurs signalements pour maltraitance animale. Sur place, les policiers ont trouvé six chiens : deux malinois, deux huskies, un yorkshire terrier et un croisé Jack Russell.
Selon les éléments du dossier, le logement était sombre, mal aéré et imprégné d’une forte odeur d’ammoniaque liée à l’accumulation d’urine. Des excréments, des déchets et des poils jonchaient le sol. Les animaux, eux, présentaient des signes de peur, d’évitement ou de sidération.
L’un des chiens aurait même été enfermé quotidiennement dans une salle de bains plongée dans l’obscurité, ses propriétaires estimant qu’il était « trop excité ».
Après leur prise en charge par des refuges membres de la Confédération Nationale Défense de l’Animal, les examens vétérinaires ont révélé une maigreur importante, des problèmes dermatologiques et des troubles du comportement. L’un des chiens présentait notamment un retard de croissance marqué, jugé compatible avec un état de dénutrition prolongée.
Mais l’élément le plus choquant du dossier concerne les chiots nés dans cet appartement. Selon la procédure, 18 chiots seraient venus au monde dans ce foyer. Dix-sept seraient morts. Certains auraient même été dévorés par d’autres chiens dans un contexte de sous-alimentation.
La propriétaire a été condamnée à quatre mois d’emprisonnement avec sursis probatoire pendant deux ans, avec un suivi par le service pénitentiaire d’insertion et de probation. Son conjoint, déjà sous le coup d’un précédent sursis, a été condamné à quatre mois d’emprisonnement sous bracelet électronique.
Le tribunal a également ordonné la confiscation définitive des chiens et prononcé une interdiction définitive de détenir un animal ou d’exercer une activité en lien avec les animaux. Les deux prévenus devront aussi suivre un stage de prévention de la maltraitance animale.

Pour les associations qui ont recueilli les chiens, cette décision marque une étape essentielle. Sabine Fghoul, présidente de la Confédération Nationale Défense de l’Animal, estime que la confiscation définitive « met fin à un cycle de souffrance où la mort était devenue une banalité ».
Elle rappelle que le rôle de l’organisation est d’agir en justice pour que ces animaux, victimes de négligences extrêmes, ne retournent jamais dans de telles conditions.
Bruno Navarro, délégué général de l’organisation, s’inquiète lui aussi de l’augmentation des maltraitances au sens large. Selon lui, de nombreux chiens ne sortent que quelques minutes par jour, ne sont pas suffisamment stimulés, ne font pas assez d’exercice et ne sont pas correctement nourris.
L’affaire de Bordeaux pose une nouvelle fois une question douloureuse : que reste-t-il de l’amour des animaux lorsque la réalité devient faim, obscurité et abandon ? Dans de tels cas, l’intervention de la justice n’est plus seulement nécessaire — elle devient indispensable.




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