Incendies en Gironde : l'A400M contraint d'interrompre une mission à cause des fumées avant de réussir un nouveau largage
- 27 juil.
- 3 min de lecture
Mobilisé pour la première fois en conditions réelles dans la lutte contre les feux de forêt, l'avion militaire A400M a connu une journée contrastée en Gironde. Après avoir dû interrompre une mission dimanche 26 juillet en raison d'une visibilité insuffisante provoquée par les fumées, l'appareil a finalement pu effectuer avec succès un largage en début de soirée.

Une première mondiale en conditions réelles
Déployé dans le cadre des opérations contre les incendies qui frappent la Gironde, l'A400M, habituellement basé sur la base aérienne 123 d'Orléans-Bricy, participe à une expérimentation inédite. L'appareil a été équipé d'un système lui permettant d'emporter jusqu'à 20 000 litres d'eau ou de produit retardant, destinés à être largués sur les zones menacées par les flammes.
Après des essais réalisés en forêt d'Orléans, cette intervention en Gironde constitue la première utilisation opérationnelle de ce dispositif face à un incendie de grande ampleur.

Une mission interrompue par le manque de visibilité
Dimanche après-midi, vers 15 heures, l'avion devait effectuer un largage de retardant sur une zone boisée située à l'est du principal foyer d'incendie.
Toutefois, les conditions météorologiques et la densité des fumées ont empêché l'équipage de poursuivre sa mission. Faute d'une visibilité suffisante pour garantir la sécurité du vol et du largage, l'appareil a dû faire demi-tour avant d'atteindre son objectif.
Le directeur départemental du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de la Gironde, Marc Vermeulen, a rappelé que l'A400M demeure un moyen en phase d'expérimentation et qu'il est soumis à plusieurs contraintes d'utilisation.
Un appareil encore en phase d'évaluation
Selon les responsables des secours, l'A400M ne peut pas encore être considéré comme un moyen pleinement opérationnel dans la lutte contre les feux de forêt.
Son emploi nécessite notamment des conditions de sécurité strictes. Les zones de largage doivent être inhabitées et les conditions de visibilité doivent permettre aux équipages d'opérer sans risque.
Marc Vermeulen a souligné que lorsque les fumées réduisent fortement la visibilité, l'ensemble des moyens aériens peut être immobilisé, quelle que soit leur capacité d'intervention.
Une mission finalement réussie

Les conditions se sont progressivement améliorées en fin de journée. L'A400M a pu reprendre les opérations peu avant 19 heures.
Selon les informations communiquées dans la soirée, l'appareil a effectué avec succès son largage aux alentours de 19 h 20, validant ainsi une nouvelle étape dans cette expérimentation.
Cette réussite intervient alors que les autorités cherchent à diversifier les moyens disponibles pour lutter contre des incendies de plus en plus intenses.
Un outil complémentaire aux Canadair
Le déploiement de l'A400M intervient dans un contexte de fortes tensions sur les moyens aériens de la Sécurité civile. Plusieurs pilotes de Canadair ont récemment alerté sur le nombre limité d'appareils disponibles et sur les difficultés liées à la maintenance de la flotte.
Si l'A400M peut transporter un volume d'eau bien supérieur à celui d'un Canadair, son mode de fonctionnement diffère sensiblement. Contrairement aux bombardiers d'eau capables d'écoper directement sur les plans d'eau, l'avion militaire doit retourner sur une base pour être rechargé, ce qui allonge son temps de rotation.
Pour les autorités, cette expérimentation ne vise pas à remplacer les Canadair, mais à compléter les capacités aériennes lors des incendies majeurs.
Alors que les opérations se poursuivent en Gironde, cette première utilisation opérationnelle de l'A400M permettra d'évaluer ses performances, ses limites et son potentiel dans la lutte contre les feux de forêt de demain.




Commentaires