Incendie en Gironde : des habitants du Porge se regroupent pour engager des poursuites judiciaires après la destruction de près de 200 maisons
- 29 juil.
- 3 min de lecture
Après la sidération, la colère. Au Porge, commune de Gironde durement frappée par le mégafeu qui ravage la région depuis plusieurs jours, un collectif d’habitants s’est constitué afin d’engager des actions judiciaires pour faire la lumière sur les responsabilités liées à la catastrophe. Les sinistrés estiment que leur commune a été abandonnée face aux flammes, ce qui aurait conduit à la destruction de 185 maisons, selon le dernier bilan communiqué par la mairie.
À l’origine de cette mobilisation figure notamment Ludivine Daurignac, une habitante dont la maison a été entièrement détruite par l’incendie. Sur les réseaux sociaux, elle explique que l’objectif du collectif est « d’obtenir des réponses concrètes, faire toute la lumière sur les événements et obtenir la réparation des préjudices subis ». Plus de 500 personnes ont déjà rejoint le groupe créé pour coordonner les démarches des victimes.

Les habitants dénoncent un sentiment d’abandon, en particulier lors de la nuit du 23 au 24 juillet, lorsque le feu s’est propagé avec une extrême violence. Plusieurs d’entre eux affirment n’avoir reçu aucun SMS d’alerte avant l’arrivée des flammes. « On s’est vraiment sentis laissés à l’abandon », témoigne Ludivine Daurignac, tandis que d’autres habitants évoquent une évacuation mal organisée et des moyens insuffisants pour protéger leur commune.
Le collectif a mandaté Me Sylvain Galinat, avocat à Bordeaux, afin de constituer un dossier. Selon lui, plusieurs procédures sont à l’étude. « Il y aura sûrement un dépôt de plainte pénale. Il y aura sans doute aussi des actions sur les plans administratif et civil », a-t-il déclaré, estimant que la détermination des sinistrés est totale.
L’un des principaux griefs formulés par les habitants concerne la répartition des moyens de lutte contre l’incendie. Plusieurs témoins affirment que les ressources auraient été concentrées sur d’autres secteurs, notamment la presqu’île du Cap-Ferret, au détriment du Porge. « Le Porge a été sacrifié sur l’autel de la presqu’île », affirme Delphine, dont la maison a été détruite. D’autres assurent que les secours étaient insuffisants au moment où le front de flammes a atteint les quartiers résidentiels.

Jean-Luc Lesueur, gestionnaire de la forêt communale du Porge et ancien pompier volontaire, affirme avoir participé directement à la lutte contre le feu. Selon lui, lorsque l’incendie est arrivé sur l’avenue du Bassin d’Arcachon, les moyens des pompiers étaient très limités. « On s’est un peu retrouvés seuls », déclare-t-il, rejoignant les critiques exprimées par plusieurs habitants et élus locaux.
La préfecture de Gironde et les services départementaux d’incendie et de secours refusent pour l’instant de commenter les accusations précises portées par le collectif. Les autorités rappellent que leur priorité demeure la lutte contre le feu, la protection des vies humaines et des territoires encore menacés. Elles soulignent également qu’aucune victime civile n’est à déplorer malgré l’ampleur des destructions.
Le maire du Porge, Martial Zaninetti, a pour sa part indiqué qu’il refusait d’entrer dans une polémique sur les choix stratégiques opérés pendant les opérations de secours. La préfète de Gironde s’est rendue sur place pour rencontrer les élus et les représentants de la défense des forêts contre l’incendie, lesquels ont évoqué de manière directe les décisions prises durant la crise.

Pour les habitants du Porge, toutefois, le temps de l’urgence laisse désormais place au temps des comptes. Leur objectif est d’obtenir une enquête approfondie sur la gestion de l’incendie, d’établir les éventuelles responsabilités et d’obtenir réparation pour les pertes considérables subies par les familles dont les maisons ont été réduites en cendres.




Commentaires