Gironde : des postiers évacués à cause des incendies contraints de poser des jours de congé, la CGT dénonce une « double peine »
- 29 juil.
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En Gironde, plusieurs centaines de salariés de La Poste évacués en raison des violents incendies qui touchent le département se retrouvent au cœur d’une vive polémique. Selon le syndicat CGT FAPT Gironde, plus de 300 facteurs concernés par les mesures d’évacuation doivent poser des jours de congé pour justifier leur absence, une situation que le syndicat qualifie de « scandaleuse » et qui a conduit au dépôt d’un préavis de grève.
L’une des postières concernées, dont le prénom a été modifié, raconte avoir reçu dans la nuit du 25 juillet un message d’alerte des autorités lui ordonnant d’évacuer son domicile. Avec son mari, elle a quitté sa commune en urgence pour se mettre à l’abri des flammes. Mais lorsqu’elle a informé son supérieur de son impossibilité de reprendre le travail, elle affirme avoir appris que chaque journée d’absence serait déduite de ses congés.

« Nous ne sommes pas responsables de ce qui se passe », déplore cette factrice, qui explique également souffrir d’asthme et craindre les fumées toxiques. Les autorités n’ayant pas encore autorisé le retour des habitants dans sa commune, elle dit ne pas avoir d’autre choix que de rester éloignée de son domicile.
Pour Johnny Parré, délégué syndical CGT FAPT Gironde, cette situation touche un grand nombre de salariés évacués. « Ce ne sont pas des vacances. Une évacuation provoquée par un incendie n’est ni du repos ni un choix personnel », souligne le syndicat, qui estime que la majorité des entreprises ne traite pas ce type d’absence de cette manière.
La décision est d’autant plus mal vécue que les congés des postiers sont généralement planifiés plusieurs mois à l’avance. Certains agents affirment qu’ils devront désormais annuler des vacances prévues de longue date. La CGT accuse la direction de vouloir « rentabiliser toutes les situations, y compris les pires » et réclame que les salariés évacués bénéficient d’une autorisation spéciale d’absence avec maintien intégral de leur rémunération.
Interrogé, Le Groupe La Poste ne conteste pas que des jours de congé puissent être utilisés dans certaines situations, mais insiste sur le fait que la rémunération des salariés concernés est maintenue lorsque les mesures d’évacuation ou les restrictions de circulation empêchent l’exercice de leur activité et qu’aucune autre solution n’est possible. L’entreprise affirme également que chaque cas est examiné individuellement et que les agents bénéficient d’un accompagnement par les managers, les ressources humaines, les services sociaux et un dispositif d’écoute psychologique accessible 24 heures sur 24.
Les incendies ont fortement perturbé l’activité de La Poste dans le département. L’entreprise indique avoir fermé vingt bureaux de poste ainsi que la plateforme de tri de Cestas, qui traite le courrier de dix départements du Sud-Ouest, immobilisant environ 700 000 plis. Selon La Poste, 550 postiers évacués ont pu être hébergés chez des proches ou bénéficier d’un accompagnement pour trouver un logement temporaire.

La CGT critique également la gestion des risques liés aux fumées, alors que plusieurs départements de Nouvelle-Aquitaine ont dépassé le seuil d’alerte aux particules fines. Le syndicat demande notamment une réduction des activités extérieures, un report de certaines tournées et la fourniture systématique de masques FFP2. La Poste répond appliquer les recommandations des autorités sanitaires et mettre des masques à disposition des salariés vulnérables sur avis du médecin du travail.
En attendant une éventuelle évolution de la situation, le préavis de grève déposé par la CGT pourrait conduire à un mouvement social à partir du 3 août, tandis que les incendies continuent de perturber la vie quotidienne de nombreux habitants et salariés du département.




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