Féminicide à Montreuil : Latifa, 54 ans, enfermée dans un appartement en feu par son mari avant de mourir en tentant de s’échapper
- 15 août
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Dans la nuit du 3 au 4 avril 2026, un drame d’une violence extrême s’est produit à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Latifa Boubakra, 54 ans, mère de trois enfants et directrice d’un centre de loisirs, est morte après avoir sauté du troisième étage de son immeuble pour échapper à un incendie volontaire déclenché par son mari, Mostafa Haji, 60 ans. Selon les premiers éléments de l’enquête, l’homme l’avait enfermée à clé dans une chambre avant de mettre le feu à l’appartement. Le maire de Montreuil a qualifié les faits de féminicide, rappelant qu’il ne s’agit pas d’un simple fait divers, mais d’un crime commis dans un contexte de violences conjugales. Les circonstances de cette tragédie, rapportées notamment par plusieurs médias français, ont profondément bouleversé les habitants de la commune et relancé le débat sur la protection des femmes au moment des séparations.
Une nuit d’horreur dans un immeuble de Montreuil

Un voisin a frappé à la porte de l’appartement et a demandé au couple de sortir. L’homme a répondu qu’il ne sortirait pas. Au même moment, Latifa est apparue à une fenêtre de l’appartement, criant : « Il a pris les clés, je ne peux pas sortir ! » Ses appels au secours ont été entendus par plusieurs témoins, qui ont tenté en vain de forcer la porte blindée du logement.
Piégée par les flammes, elle saute dans le vide
Face à l’intensité de l’incendie et à l’impossibilité de fuir par la porte, Latifa a pris une décision désespérée : elle s’est jetée du troisième étage pour tenter de sauver sa vie. Des témoins racontent avoir assisté, impuissants, à sa chute dans la cour de l’immeuble. Gravement blessée, elle n’a pas survécu.
Les secours, rapidement dépêchés sur place, n’ont rien pu faire pour la sauver. Lorsque les pompiers ont maîtrisé l’incendie, ils ont découvert le corps de son mari dans les décombres de l’appartement. Selon les premières constatations, l’homme serait mort dans l’incendie après avoir refusé de libérer son épouse.
Une séparation en préparation
L’enquête révèle que Latifa avait décidé de quitter son mari plusieurs mois auparavant. Selon des proches, elle préparait activement son départ et devait emménager dans un appartement rénové par sa famille à Épinay-sur-Seine dans les jours suivant le drame. Cette séparation imminente pourrait constituer un élément central du mobile retenu par les enquêteurs.
Les spécialistes des violences conjugales rappellent que la période de séparation est l’un des moments les plus dangereux pour les victimes. C’est souvent lorsque la relation prend fin que certains conjoints violents cherchent à reprendre le contrôle ou à punir leur partenaire. De nombreuses affaires de féminicides en France montrent que les violences s’intensifient précisément au moment où la victime tente de partir.
Des voisins qui dénoncent des violences anciennes
Après le drame, plusieurs habitants de l’immeuble ont affirmé que le couple était connu pour ses disputes fréquentes. Certains évoquent des appels au secours entendus à plusieurs reprises, des cris, des coups et un climat de peur installé depuis longtemps. Un voisin a expliqué avoir souvent entendu Latifa appeler à l’aide en pleine nuit, tandis qu’un autre a évoqué des violences répétées et une consommation importante d’alcool de la part du mari.
Ces témoignages interrogent sur l’existence d’éventuels signalements antérieurs et sur les dispositifs de protection dont Latifa aurait pu bénéficier. À ce stade, les autorités n’ont pas précisé si des plaintes avaient été déposées ou si des mesures d’éloignement avaient été envisagées avant le passage à l’acte.
Une femme engagée, une famille brisée
Latifa Boubakra était décrite par ses proches comme une femme investie dans son travail et profondément attachée à sa famille. Directrice d’un centre de loisirs, elle consacrait une grande partie de son temps aux enfants et à la vie de quartier. Son décès laisse trois enfants désormais confrontés à la perte de leur mère dans des circonstances d’une violence insoutenable.
Les réactions ont été nombreuses à Montreuil, où habitants, élus et associations ont exprimé leur émotion. Des hommages lui ont été rendus dans la commune, et plusieurs organisations de lutte contre les violences faites aux femmes ont rappelé que derrière chaque féminicide se trouvent des familles détruites, des enfants traumatisés et des proches confrontés à un deuil irréparable.
Un féminicide qui relance le débat sur la protection des victimes
Le meurtre de Latifa intervient dans un contexte où les violences conjugales demeurent un enjeu majeur en France. Chaque année, des dizaines de femmes sont tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. Les associations spécialisées soulignent que de nombreuses victimes avaient pourtant exprimé leur volonté de partir ou avaient déjà alerté leur entourage.
Les dispositifs existants — ordonnances de protection, téléphone grave danger, bracelet anti-rapprochement ou hébergement d’urgence — ont été renforcés ces dernières années, mais leur mise en œuvre reste souvent jugée insuffisante. Le cas de Latifa rappelle avec une brutalité particulière que la séparation constitue une période de risque extrême nécessitant une prise en charge immédiate et coordonnée.
Une mémoire qui oblige
Au-delà de l’émotion, l’histoire de Latifa Boubakra est devenue le symbole d’un danger que de nombreuses femmes continuent d’affronter lorsqu’elles tentent de quitter un conjoint violent. Son nom rejoint celui de tant d’autres victimes de féminicides qui avaient choisi de partir, de reconstruire leur vie et d’échapper aux violences.
Enfermée, privée de toute possibilité de fuite, elle a tenté de survivre en sautant dans le vide. Son geste rappelle l’ampleur de la terreur qu’elle a vécue dans ses derniers instants. Sa mémoire, ainsi que celle de toutes les victimes de violences conjugales, impose une vigilance collective et une exigence de protection renforcée afin que d’autres femmes ne soient plus contraintes de choisir entre les flammes et le vide pour tenter de rester en vie.




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