La France franchit une étape décisive avec l’adoption de la loi d’urgence agricole malgré la polémique sur les pesticides
- 21 juil.
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La France s’est rapprochée de l’entrée en vigueur de sa réforme agricole d’urgence après l’adoption du projet de loi par l’Assemblée nationale. La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a salué ce vote comme une victoire majeure pour les agriculteurs français. Le texte doit désormais être définitivement approuvé par le Sénat avant de devenir loi, mais il suscite déjà une vive controverse en raison de la possible réintroduction temporaire de certains pesticides interdits.
Le gouvernement met en avant le soutien aux agriculteurs
Interrogée sur France Inter, Annie Genevard s’est dite « très satisfaite » de l’adoption du texte, qu’elle présente comme une réponse directe aux importantes manifestations agricoles organisées en début d’année.

Selon la ministre, cette réforme a été élaborée en concertation avec les organisations agricoles afin de renforcer la compétitivité des exploitants français et de les protéger contre ce qu’elle qualifie de « concurrence déloyale » au sein du marché européen.
Si le Sénat confirme son vote, comme cela est attendu, cette loi deviendra l’une des réformes agricoles les plus importantes du gouvernement ces dernières années.
Le volet sur les pesticides au cœur de la polémique
La disposition la plus controversée concerne la possibilité de réautoriser, à titre exceptionnel, deux pesticides interdits en France mais toujours autorisés dans d’autres pays de l’Union européenne.
Le texte permettrait à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) d’accorder des dérogations temporaires pour l’utilisation de l’acétamipride et du flupyradifurone. Ces autorisations ne pourraient être délivrées que pour certaines filières agricoles en difficulté, lorsqu’aucune solution alternative efficace n’est disponible.
Cette mesure a ravivé le débat national entre la nécessité de soutenir la production agricole et celle de préserver la santé publique ainsi que l’environnement.
Des divisions au sein du gouvernement
Le dossier des pesticides a également mis en évidence des tensions au sein du gouvernement du président Emmanuel Macron.
La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, s’est publiquement opposée à toute réintroduction de l’acétamipride. Plusieurs médias évoquent même une possible démission si la loi est définitivement adoptée sans modification de cette disposition.
Annie Genevard a toutefois rejeté cette interprétation, affirmant que l’acétamipride n’est pas rétabli automatiquement par la loi.
Elle a rappelé que toute dérogation éventuelle devra être validée par l’Anses, qui devra démontrer l’absence de risque inacceptable pour la santé humaine et l’environnement, constater une situation d’urgence et vérifier qu’aucune alternative satisfaisante n’existe avant d’autoriser un usage limité dans le temps.
Concernant les rumeurs sur une éventuelle démission de Monique Barbut, Annie Genevard a déclaré n’avoir reçu « aucune confirmation » et a souligné que les deux ministres avaient travaillé ensemble à l’élaboration de la version initiale du projet de loi.




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