« Elle appelait le 17 » : Sabrina, 41 ans, tuée par son ex-compagnon alors qu'elle demandait de l'aide à la police
- 17 juil.
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Un simple appel au 17, des cris de détresse, puis le bruit glaçant d'une arme manipulée avant que la ligne ne soit brutalement coupée. À Champforgeuil, en Saône-et-Loire, Sabrina Caire, 41 ans, a été tuée par balle à son domicile alors qu'elle tentait d'obtenir l'aide des forces de l'ordre. Ce drame, qui bouleverse la commune et relance le débat sur les violences faites aux femmes, fait aujourd'hui l'objet d'une enquête pour assassinat.
Un appel de détresse interrompu par les coups de feu
Le jeudi 9 juillet 2026, peu avant 8 heures, Sabrina Caire compose le 17 depuis son domicile situé dans une impasse résidentielle de Champforgeuil. Au téléphone avec un opérateur de police, elle explique être en grand danger et indique que son ancien compagnon est en train d'arriver chez elle.
Selon les premiers éléments de l'enquête, les policiers entendent distinctement des cris, puis des bruits correspondant à la manipulation d'une arme à feu. Quelques instants plus tard, la communication est interrompue.
Au même moment, un voisin, alerté par plusieurs détonations et voyant un homme quitter précipitamment les lieux, appelle également les secours.
Lorsque les policiers arrivent sur place, vers 8 h 40, ils découvrent Sabrina Caire sans vie. La quadragénaire a été atteinte à la tête par au moins un tir de fusil.

Les forces de l'ordre étaient déjà intervenues la veille
L'enquête révèle que les policiers s'étaient déjà rendus au domicile de la victime la veille des faits. Les circonstances exactes de cette précédente intervention n'ont pas encore été précisées, mais elles témoignent d'un contexte déjà préoccupant.
Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer si des éléments laissaient présager un passage à l'acte et si des mesures supplémentaires auraient pu être prises avant le drame.
Une mère de famille engagée dans le bien-être
Âgée de 41 ans, Sabrina Caire était mère de deux garçons. Mariée en 2011, elle exerçait comme coach de vie, médium et énergéticienne.
Sur son site internet, elle expliquait vouloir accompagner les personnes « à reprendre le contrôle de leur vie ». Elle avait également organisé un salon du bien-être à Champforgeuil en 2024, ce qui la rendait connue de nombreux habitants.
Dans cette commune d'environ 4 000 habitants, sa disparition a provoqué une profonde émotion. Plusieurs riverains ont confié avoir été bouleversés en apprenant la nature du drame après avoir assisté à l'importante intervention policière.
Un suspect qui se livre avant d'être hospitalisé
Le principal suspect est Patrice L., âgé de 59 ans et domicilié à Chalon-sur-Saône. Après les faits, il s'est présenté de lui-même au commissariat où il s'est constitué prisonnier.
Une enquête pour assassinat a immédiatement été ouverte. Les premiers éléments semblent orienter les investigations vers un acte préparé, l'homme s'étant présenté au domicile de son ancienne compagne avec une arme à feu.
Toutefois, la procédure a rapidement été suspendue après qu'un médecin a estimé que son état psychiatrique était incompatible avec une garde à vue.
Le suspect a été admis dans un établissement psychiatrique et n'a, à ce stade, toujours pas pu être entendu par les enquêteurs. Le parquet de Chalon-sur-Saône indique que le mobile précis des faits ainsi que la nature exacte de la relation entre les deux anciens compagnons restent encore à établir.
Pourquoi la justice ne parle pas encore de féminicide
Si de nombreuses réactions évoquent déjà un féminicide, le parquet se montre pour l'instant prudent. Juridiquement, les magistrats attendent de pouvoir entendre le suspect et de réunir davantage d'éléments avant de qualifier définitivement les faits.
Cette prudence n'a toutefois pas empêché plusieurs responsables politiques de dénoncer un nouveau drame des violences conjugales.
La sénatrice de Saône-et-Loire Paulette Matray a notamment exprimé sa vive émotion, appelant à dépasser les réactions ponctuelles après chaque affaire pour mettre en œuvre une politique durable de lutte contre les violences faites aux femmes.
Une tragédie qui relance le débat sur les violences conjugales
La mort de Sabrina intervient dans un contexte toujours préoccupant. Selon les chiffres officiels, 107 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en France en 2024, contre 96 en 2023, soit une hausse de plus de 11 %.
D'après les décomptes réalisés par plusieurs médias et associations, Sabrina Caire serait au moins la 53ᵉ femme tuée par son conjoint ou son ex-conjoint depuis le début de l'année 2026.
Son appel au 17, interrompu quelques secondes avant sa mort, est devenu le symbole de ces situations où chaque minute compte. Pour de nombreuses associations, cette affaire rappelle l'urgence de renforcer la prévention, la protection des victimes et les dispositifs d'intervention.
Les autorités rappellent qu'en cas de danger immédiat, il convient de composer le 17, tandis que le 3919 – Violences Femmes Info reste accessible gratuitement pour accompagner les victimes de violences conjugales et leur entourage.




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