Baie de Douarnenez : les associations se mobilisent contre le possible retour de pesticides interdits
- 17 juil.
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Un rassemblement citoyen pour défendre la baie de Douarnenez
À quelques jours d'un vote attendu à l'Assemblée nationale, plusieurs associations environnementales du Finistère appellent à la mobilisation. Elles dénoncent un projet de loi qui pourrait permettre, sous certaines conditions, le retour de pesticides jusqu'ici interdits en France.
Pour sensibiliser la population, Eau et Rivières de Bretagne, Baie de Douarnenez Environnement et Cancer Colère du Cap-Sizun organisent un « Apéricide » ce samedi 18 juillet à 18 heures sur la plage du Ris, à Douarnenez.
L'objectif est d'alerter les habitants sur les conséquences potentielles de cette réforme pour l'environnement, la biodiversité et la santé publique.

Une baie déjà fragilisée par les pollutions
La baie de Douarnenez reste l'un des territoires bretons les plus touchés par les conséquences de l'agriculture intensive.
Depuis plusieurs semaines, d'importants amas d'algues vertes recouvrent certaines parties de la plage du Ris. Ce phénomène est directement lié aux excès d'azote provenant du bassin versant, régulièrement dénoncés par les associations de protection de l'environnement.
Mais selon ces dernières, cette pollution visible ne représente qu'une partie du problème.
Des pesticides au cœur des inquiétudes
Les associations estiment que la contamination par les pesticides constitue une menace plus discrète, mais tout aussi préoccupante.
Ces substances sont régulièrement évoquées lors d'interdictions temporaires de pêche ou de ramassage des coquillages, en raison de contaminations affectant le phytoplancton et l'équilibre du milieu marin.
Au-delà des impacts environnementaux, elles soulignent également les interrogations persistantes concernant leurs effets sur la santé humaine, notamment en matière de cancers et d'exposition chronique.
Un projet de loi qui ravive les tensions

Au centre des critiques figure le projet de loi sur la protection et la souveraineté agricoles.
Déjà adopté par le Sénat, le texte sera examiné par les députés le 20 juillet. Il prévoit notamment la possibilité d'accorder des dérogations pour l'utilisation de certains pesticides pourtant interdits.
Pour les organisations environnementales, cette disposition constitue un recul majeur après plusieurs années de renforcement des règles de protection de l'environnement.
Le précédent de la loi Duplomb
Les associations rappellent qu'en 2025, la loi Duplomb avait déjà tenté de réintroduire certains produits phytosanitaires controversés.
Le Conseil constitutionnel avait finalement censuré cette disposition, estimant que ces pesticides présentaient des risques importants pour la biodiversité, en particulier pour les insectes pollinisateurs et les oiseaux, tout en pouvant dégrader la qualité des sols, de l'eau et représenter un danger pour la santé humaine.
Pour les opposants au nouveau texte, le projet actuellement débattu revient à remettre en cause cette décision.
Un appel à la mobilisation citoyenne

À travers leur « Apéricide », les associations souhaitent rappeler que la protection de l'eau, de la biodiversité et de la santé dépasse les seuls enjeux agricoles.
Elles invitent les habitants, les vacanciers et tous les citoyens concernés à participer à ce rassemblement afin d'exprimer leur opposition à un éventuel retour de pesticides interdits et de défendre l'avenir de la baie de Douarnenez, déjà confrontée à de nombreuses pressions environnementales.




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