Affaire Thomas à Crépol : la circonstance aggravante de racisme retenue par les juges relance le débat judiciaire
- 24 juil.
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Près de trois ans après la mort de Thomas Perotto, tué lors d’un bal à Crépol (Drôme) dans la nuit du 18 au 19 novembre 2023, l’instruction connaît un nouveau tournant. Les deux juges d’instruction de Valence ont décidé, le 17 juillet 2026, d’étendre les mises en examen des quatorze personnes poursuivies dans ce dossier en retenant la circonstance aggravante de racisme. Une évolution qui marque un changement important dans la procédure et suscite des réactions opposées entre les parties civiles et la défense.
Une évolution majeure de l'instruction

Selon les magistrats, plusieurs éléments recueillis au cours de l'enquête justifient l'ajout de cette circonstance aggravante. Leur décision s'appuie notamment sur les déclarations d'une dizaine de témoins présents lors de la soirée, qui ont rapporté aux enquêteurs, puis confirmé devant les juges, des propos et comportements susceptibles d'entrer dans le cadre de l'article 132-76 du Code pénal.
Cet article prévoit une aggravation des poursuites lorsqu'une infraction est précédée, accompagnée ou suivie de propos ou d'actes visant une victime en raison de son appartenance, réelle ou supposée, à une origine, une ethnie, une nation ou une religion.
Jusqu'à présent, cette qualification n'avait pas été retenue au cours de l'information judiciaire.
Des réactions opposées

Cette décision est accueillie favorablement par les avocats des parties civiles, qui estiment qu'elle prend en compte l'ensemble des éléments recueillis depuis le début de l'enquête.
À l'inverse, les avocats des quatorze mis en examen contestent fermement cette nouvelle qualification. La défense rappelle que les personnes poursuivies ont toujours nié toute motivation raciste et considère que les témoignages invoqués font l'objet de discussions depuis le début de la procédure.
Une instruction toujours en cours
L'ajout de cette circonstance aggravante ne constitue pas une déclaration de culpabilité. Il s'agit d'une évolution juridique dans le cadre de l'information judiciaire, qui permettra aux magistrats de poursuivre leurs investigations en examinant également cette dimension des faits.
L'instruction se poursuit afin d'établir les responsabilités de chacun des mis en examen et de déterminer si les éléments réunis permettent ou non de retenir définitivement cette qualification devant une juridiction de jugement.
L'affaire Crépol demeure l'un des dossiers criminels les plus sensibles de ces dernières années en France, tant par les circonstances de la mort du jeune Thomas que par les débats qu'elle continue de susciter sur les plans judiciaire et sociétal.




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